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Dématique Mars 2012 - Edito
Bonnes Volontés
La TVA sociale est annoncée avec une mise en place en quelques mois. Quasiment au même moment, une « promesse » : Hélios, le grand programme de dématérialisation financière de l’État, commencé il y a près de dix ans, pourrait devenir obligatoire en 2015, au moins dans les grandes collectivités et sur certains flux comptables. Cherchez l'erreur ! Même si la nouvelle TVA n'aboutit pas aussi vite qu'espérée par son promoteur, il y a une évidence : quand le pouvoir politique veut, il dispose des moyens d’aller vite, la volonté suffit. Alors pourquoi autant d’immobilisme sur des projets de dématique, dont l'importance est pourtant vitale en matière de simplification administrative, de gains de productivité et de création d'emplois du côté des acteurs du domaine – éditeurs, consultants, DSI ?
Il est vrai que les grands chantiers, comme Hélios ou Accord, sont souvent à tiroirs, avec des mises à niveau fonctionnelles ou des extensions de périmètres qui se succèdent sans fin. Souvenons-nous de la dématérialisation des marchés publics. Décidée en 2002, entrée en vigueur début 2005, elle n'est en fait toujours pas totale, c'est à dire obligatoire pour tous les types de marchés, et pour toutes les tailles de collectivités. Elle est surtout bien mal perçue, car génératrice de complexité et de craintes, l’inverse du but recherché a priori.
Il y a pourtant des professionnels très compétents, dans l'administration comme chez les acteurs du marché, à la fois pour concevoir ces projets et pour les mettre en œuvre. Quel est donc le défaut qui nous mine? Probablement un déficit à la fois d'intérêt, de connaissance et de compréhension de la part des politiques, pour ces thématiques jugées, souvent à tort, trop techniques. D’où un manque de volonté manifeste, une crainte exagérée des effets liés à la résistance au changement, bien pratique pour justifier cet immobilisme.
D'autres exemples, trop nombreux, nous viennent en tête : que dire ainsi du feuilleton de la signature électronique ou celui de la dématérialisation des factures - sujet sur lequel le mal est cette fois européen ? Mais plutôt que de nous tourner vers le passé, faisons comme ces candidats à la magistrature suprême, résolument tournés vers l'avenir. Et souhaitons-leur, une fois en place, de faire preuve d'un intérêt sincère et de « bonne » volonté, pour mener rapidement à bien tous ces projets si importants pour le dynamisme de notre pays.
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